Muriel 1

 Muriel 1 - Saint Cloud 1979

- c’est qui cette Muriel ? Tu en parles parfois, mais je ne vois aucune Muriel dans ton carnet d’adresses !

- Il y en a une autre, Muriel 2, c’est à croire qu’il aimait les grosses blondes un peu molles et bêtes comme de la corne aux pieds.

- C’est original ça, la corne aux pieds ! 

- ça ne sert à rien, au contraire de celle qui est sur la tête des animaux.

- Bon c'est qui cette Muriel 1 ?

- Un jour de fin de l’été 1979 il me dit « on va dîner chez des gens ». Je ne me souviens pas si j’ai demandé chez qui. Peut-être. J’étais très gentille, très crédule, quoi qu’il ait répondu, j’ai dû prendre pour argent comptant.

- Il vous emmenait souvent chez des gens ? Pour dîner ?

- Je sens une pointe d’ironie ! Mais oui parfois, il avait des amis de la belle époque d’un début des années 70. Qui vivotaient en marge du show biz. Pas certaine que ça remplissait le frigo mais bon. 

- Je continue dans l’ironie, pas d’ invitations à des déjeuners !!! S’il dormait jusque’à 3 - 4 heures de l’après-midi, le déjeuner est loupé et la vaisselle est faite. Peut-être le thé ?

- Il ne savait pas que ça existait, le thé !!!

- Bon, Muriel...

- Donc nous voilà partis chez Muriel 1, j’ai le souvenir d’un patelin en hauteur. Meudon ? Courbevois ? Saint Cloud ? Quelque chose me dit que c’était Saint Cloud.

- Tu ne les avais jamais vus, la blonde molle et son homme ?

- Jamais entendu parler. Aujourd’hui, avec le recul qu’offrent toutes ces années, je suis à peu près certaine que ce n’étaient pas des clients.

- Il fournissait quoi ?

- Vaisselle, verres. Petit appartement un peu minable, on nous installe pour dîner à une table dans une petite cuisine minable. Pas le genre à avoir les moyens de se payer de la porcelaine de Limoges et de boire du picrate dans de beaux verres en cristal. 

- C’était pas des amis ?

- Inconnus au bataillon.

- Raconte le dîner.

- Ça être rapide la description.  Blanquette à vomir, qui avait brulé, tout le plat avait le goût du brulé. 

- Charmant.

- N’est-ce pas ?

- Quel était donc le but de cette visite chez ces gens que tu ne connais ni d’Eve ni d’Adam, qui ne sont pas ses clients, ni ses collègues de travail.

- Je ne me suis pas posé la question.

- Mais si Muriel la blonde mollasse te trotte encore dans la tête, il y a bien una raison ! Tu n’es pas du genre à garder des toiles d’araignée dans les coins et à garder des bidules qui ne servent à rien.

- Je n’ai pas tardé à savoir qui étaient ces gens.

- C’est à dire ?

- Quelques mois après, en recevant l’ordonnance du divorce !

- Juge ? Greffière?

- Mais non ! Comme tu y vas, je t’ai dit que c’était un couple de minables sortis d’où je ne sais où !

- Mais ton mari les connaissait très bien ! Avait-il deux vies, bien séparées l’une de l’autre ? 

- Chaque chose en sont temps...

- Qui étaient ces gens et qu’as tu découvert en lisant un document judiciaire ?

- J’ai découvert que nous étions allés dîner chez ces deux connards pour prendre une attestation qu’ils avaient rédigé contre moi, pour le divorce, des gens qui ne m’avaient jamais vu ! Que je ne connaissais pas ?

- Charmant ! Ton mari t’a fait aller chez des gens pour aller cherches des éléments à charge contre toi dans la procédure de divorce qu’il avait initié à ton insu ?

- C’est ça.

- Il ne pouvait pas, pendant les heures de sa vie cachée, aller prendre  le papier tout seul ? 

- Non il fallait que ces ordures se bidonnent en cachette en sachant. Mon ignorance devait être un ingrédient de leur putain de soirée.

- Tu dis souvent que la vengeance est meilleure froide que chaude. Si on allait regarder ton ordonnance de divorce ? Leur nom y est. Ce serait rigolo de les déterrer et de faire une brève recherche sur internet. les ramener dans la lumière, qu’est-ce que tu en penses ? 

- Je pense que tu es pire que moi !!! C’est dans le dossier “Etat-civil” et tout est bien rangé chez moi.

- J’attends Muriel 2 avec impatience.





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